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Château médiéval ruiné.

Miglos Ariège Occitanie

Au sommet inaccessible de toutes parts (750m), excepté au sud, du côté du village d'Arquizat, se dressent les ruines imposantes du château médiéval qui veillait sur la vallée de Vicdessos et défendait l'accès à la vallée de Miglos. Au nord, la départementale D156 a remplacé le chemin reliant Niaux à Arquizat,

Placé à un point stratégique de la vallée du Vicdessos, ce fort défendait, au moyen-âge, outre l'accès au territoire de Miglos, une grande partie de la contrée.  
La première mention du Château en 1159, Pierre de Miglos rend hommage au comte de Foix.

La plate-forme où est construit le château mesure environ 100 mètres de long sur 30 de large. L'enceinte est en forme d'ellipse, au nord de laquelle subsiste, sur la partie la plus élevée du roc, un ensemble quadrangulaire, d'environ 22 mètres sur 24.

La surface du promontoire au sud correspond sans doute à une ancienne basse-cour. Le rocher affleure partout et on n'y reconnaît pour l'instant aucune trace d'aménagements.
Le relief s’impose à l’ouvrage défensif. L’architecture s’amalgame au rocher dont l’utilisation est un phénomène essentiel dans l’habitat rural militaire médiéval en Sabarthès, ce qui démontre une volonté d’adaptation aux possibilités naturelles offertes.

A l’ouest, sur le côté le plus escarpé dominant le vallon, l'enceinte suit à peu près la forme tourmentée de la falaise, tandis qu’à l’est subsiste sur toute sa longueur un grand mur parfaitement rectiligne qui était peut-être doublé par un second mur situé quelques mètres à l’intérieur de l’enceinte et dont on distingue encore quelques pans au sud du château (7).
Ces murs d’enceintes dont l’épaisseur est d’environ 90 centimètres ne semblent pas être de même facture. Ceux de l’ouest ainsi que ceux qui doublent l’enceinte à l'est sont faits de petites pierres calcaires mal taillées et reliées entre elles par un mortier de chaux grossier. Le mur rectiligne, à l’est, est constitué de blocs de moyen appareil, mieux taillés et reliés entre eux par un mortier composé de gravier plus fin. Il est possible que ce mur ait été surajouté plus tardivement, pour consolider le côté le plus fragile de l’enceinte. Cette enceinte délimite une basse-cour, à peu près plane et probablement arasée, d’une soixantaine de mètres de long

L’enceinte initiale du château de Miglos est un rempart de faible épaisseur, constitué de moellons autochtones mal équarris et liés au mortier de chaux. Quelques trous de boulins (le boulin est une pièce de bois scellée dans un mur pour soutenir un échafaudage) apparaissent ça et là, en face interne du mur. Du fait de l’irrégularité des moellons utilisés, les parements ont un aspect désordonné, totalement à l’opposé de ceux des églises romanes.    
Dans le mur ancien du château de Miglos, comme dans les ouvrages des XIIIe et XIVe siècles, la construction semble indiquer une carence de tailleurs de pierre mais une technicité plus remarquable de la maçonnerie. Néanmoins, même dans les bâtiments castraux du Moyen Âge central des différences existent : on doit souligner notamment l’intense utilisation des arêtes de poisson dans les murs, technique dont on sait qu’elle se diffuse aux Xe et XIe siècles pour des raisons décoratives mais aussi fonctionnelles et qui perdure dans notre vallée jusque dans des bâtis du début du XIIIe siècle.

Reste que les différences entre bâtis ecclésial et castral sont difficiles à expliciter car la main-d'œuvre était évidemment la même. Il faut probablement y voir une différence de moyens générée autant par les possibilités monétaires des seigneurs que par une moindre volonté de favoriser la qualité du bâti dans des monuments déjà impressionnants par leur situation élevée et par la présence altière de la tour maîtresse dominante .

Références et texte complet ici : http://www.chateau-miglos.fr/histoire.html

Crédit photo © GL - AACM