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Ambérieu-en-Bugey

Ambérieu-en-Bugey Ain Auvergne-Rhône-Alpes

D'après Alain Kersuzan, docteur en histoire médiévale

Fréquenté dès la fin de l'empire romain, le site de Saint-Germain est occupé par une chapelle d’époque mérovingienne. Des fouilles effectuées au début des années 1970 ont mis au jour un mobilier funéraire de grande valeur.

Le château est cité dans les textes en 1141 et à nouveau en 1151. Sa position au sommet d'un promontoire et aux confins de plusieurs grandes seigneuries lui ont, de tous temps, conféré une importance stratégique de premier ordre.

Construit vraisemblablement à la fin du 11e siècle - début du 12e siècle par les sires de Coligny, le château est tour à tour passé aux mains des sires de La Tour du Pin (1210), souche de la dernière branche des dauphins de Viennois (1282), des comtes de Savoie (1321) et enfin des rois de France (1601).

De par son importance politique et stratégique, il eut à subir plusieurs sièges dont ceux de 1283 et 1321. De 1282 à 1355, Saint-Germain est au cœur des plus grandes opérations militaires qui opposent le comte de Savoie au dauphin de Viennois et à ses alliés. À partir de 1326, il est le centre de bailliage du Bugey et fait partie de l'apanage du prince héritier de Savoie dès cette date.

Ainsi, Saint-Germain est non seulement une place forte majeure dans l’histoire du conflit delphino-savoyard, ayant tenu un rôle important durant les guerres des 13e et 14e siècles, mais aussi probablement une fortification de hauteur occupée dès le haut Moyen Âge. 

Sur ce site au potentiel archéologique particulièrement riche, les nouvelles recherches sont susceptibles de livrer des informations sur la genèse d’un castrum médiéval à l’emplacement d’un habitat fortifié précocement.

Les nouvelles recherches archéologiques relancées depuis 2013 sur autorisation du Service régional de l'Archéologie (D.R.A.C. Auvergne-Rhône Alpes) ont été confiées au bureau d'investigations archéologiques HADES dans le cadre d'une fouille programmée.

Le château se présente sous la forme de deux enceintes, haute et basse, la basse étant flanquée de deux tours semi-circulaires du côté de l'attaque. Il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges, dont la porte ogivale, édifiée par le comte de Savoie, le bastion sud-ouest, le grand mur de la haute cour, les deux tours ouvertes à la gorge de la basse cour et le grand mur de l’ouest et sa tour pleine du bourg vieux.

La porte ogivale
Construite lors de l’ajout d’une épaisseur de mur depuis l’extérieur du château en 1325, elle est constituée d’un arc brisé en ogive très ouvert. Au niveau de la voute, on aperçoit encore les gaines des éparts, qui servaient à la fermeture des portes. Donnant accès à la haute-cour, depuis le chemin en lacet très raide venant du bourg-vieux, elle était réservée aux piétons nobles et aux cavaliers.

Les tours ouvertes à la gorge
Les deux tours de la muraille Est ont un plan en forme de fer à cheval. Ce principe, hérité des traditions romaines, permettait en cas de prise par les assaillants d’être inutilisable car exposée aux tirs des défenseurs depuis la haute-cour. Après le démantèlement du château, la tour nord-est a été utilisée comme grangeon, dont il subsiste la trace des annexes rajoutées. À l’intérieur de la tour sud-est, on peut voir les traces des planchers et des poutres de trois étages. Au premier étage, les solives s’appuyaient sur un retrait de maçonnerie encore visible.

Le grand mur de la haute cour
Il s'agit d'un rempart d'une taille considérable, qui séparait l'aire de la basse-cour de celle de la haute-cour. Coté haute-cour du château, contre la partie centrale du rempart, s'appuyaient les bâtiments du château proprement dit. Il a fait l’objet d’une restauration entreprise par l’association «Les Amis de Saint-Germain et son Château». On peut y voir deux grandes archères, murées coté haute-cour. À son extrémité Nord, se trouvent les vestiges de la chapelle, qui était située à la base d’une petite tour. On distingue la niche voutée dans laquelle a été percée une fenêtre longiforme qui pouvait servir d’archère. À son extrémité Sud, l’observation des vestiges actuels de la grande tour, nous apprend que le donjon avait une base légèrement rectangulaire (10 mètres sur 11 mètres). Ses murs étaient massifs puisque nous mesurons une épaisseur de mur de 2 m.

Le grand mur de l’ouest et la tour pleine du bourg-vieux : Ce rempart s’appuie contre la colline en pente du bourg-vieux et se termine par une tour pleine qui protégeait une porte dont on peut encore voir le seuil.