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Oppidum du Fort

Taradeau Var Provence-Alpes-Côte d'Azur

 L'oppidum se trouve sur le sommet (253 m) d'une colline calcaire (fig. 5) qui s'avance vers l'Argens entre la vallée de la Florièye et le vallon de la Combe. Cette zone, aujourd'hui de garrigues et de broussailles, n'était pas, naguère, consacrée seulement à la chasse ou au pacage. 

Les terrasses révélées par les incendies sur les fronts sud et ouest en font foi; la parcelle même où se trouve l' oppidum porte encore des surgeons de figuiers qui y étaient cultivés; tout près survivent dans les broussailles des oliviers ensauvagés. La culture, arbustive en tout cas, était donc possible autour de l' oppidum et, sur le plateau prolongeant la colline au nord, les petits terroirs actuellement peu exploités de Rasque et Reynier ont accueilli longtemps les cultures traditionnelles de la Provence sèche, céréales, amandiers, vignes, légumes secs. Les ressources vivrières des habitants du Fort n'étaient donc sans doute pas limitées à la plaine qui s'étend au pied de la colline, mais pouvaient aussi provenir des terrains plus arides qui entourent immédiatement le site. 

Le relevé topographique de la zone où est implanté l' oppidum montre nettement que l'on a choisi le côté le moins pentu de la colline; la différence d'altitude entre les points haut (angle nord-est) et bas (angle sud-ouest) de l'habitat est de 10 m, ce qui donne une pente moyenne proche de 10%. Il est notable que le site n'occupe pas toute la zone de faible pente; l'espace de forme triangulaire, compris entre le rempart oriental et l'éperon rocheux, constituant une plate-forme sommitale trés réduite, a été laissé en dehors de l'enceinte. On a donc aussi négligé (fig. 6) l'éperon rocheux lui même, point d'observation indispensable pour surveiller la vallée de l'Argens, surtout vers l'aval. Au total, l'impression prévaut d'un projet de forteresse nécessitant un espace relativement plan et dégagé et ne s'accommodant pas de secteurs rocheux et tourmentés. 

L'habitat de Taradeau (fig. 7) est nettement délimité à l'intérieur d'un espace clos de remparts qui enserrent une superficie de 9 500 m2, soit presque un hectare. Aucune trace d'habitation n'a été repérée à l'extérieur de l'enceinte. Cette aire protégée est en pente vers le sud-ouest, et s'ouvre largement aux souffles du mistral, qui dans cette région du Var arrive de l'ouest-nord-ouest. Les résultats de la fouille ne permettent pas d'évoquer une évolution spatiale de l'habitat; la durée globale de l'occupation est brève, et les surfaces construites ne croissent que très peu. La topographie, confirmée par la disposition du système défensif de Yolgpidiiiii, impose que le chemin d'accès le plus facile ait emprunté grosso modo le chemin actuel, sur l'échiné rocheuse qui rattache, vers le nord, la colline au plateau de Rasque-Reyniers. La disposition des portes charretières dans la moitié nord des courtines orientale et occidentale illustre la prééminence de l'accès par le nord; l'ouverture d'un chemin sur les autres côtés était difficile en raison de la pente. La seule entrée de la moitié sud, une porte piétonne, située sur le côté oriental, devait permettre avant son obturation, d'accéder à l'éperon rocheux, et peut-être à la source qui se trouvait dans cette direction. 

Source : http://excerpts.numilog.com/books/9782271050229.pdf ; ouvrage "Les fouilles de Taradeau, le Fort, l'Ormeau et le Tout-Egau", sous la direction de J.P. Brun, G Congès et M. Pasqualini.

Crédit photographique ; envoi d'un utilisateur anonyme de l'application Archéosites, avec nos remerciements. 

Entrée libre et gratuite, suivez les flèches et les panneaux, et respectez le travail de l'association TARAD’OPPIDUM