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Fort de Tavannes

Eix Meuse Grand Est

Un site à explorer à pied, moins connu que ses célèbres voisins. A proximité est visible l'entrée du tunnel de Tavannes, construit dans les années 1870 et qui comportait une voie. Il servit d'abri pour des milliers de soldats français pendant la guerre. L'ouvrage a été remis en état de fonctionnement et comporte désormais deux voies (voir photos ci-après). Près de 500 soldats périrent dans l'incendie du tunnel lorsqu'une réserve de munitions sauta en 1916.

Le fort de Tavannes a été construit entre 1876 et 1879 par le général Séré de Rivières. En forme de polygone comme la plupart des autres forts qui entourent Verdun, il est de taille modeste et se trouve à 1600 m au sud-ouest du fort de Vaux.
Construit en maçonnerie simple, il subit entre 1887 et 1890 une opération de bétonnage des abris et de la caserne pour le rendre plus résistant aux nouveaux obus.
En 1914, un fossé de 10 m de large et de 7.5 m de profondeur est creusé tout autour du fort. Il est prolongé d'un réseau de fil de fer de 30 m de large.

Aux 2 extrémités se trouvent 2 coffres simples alors que la partie avant est formée par un coffre double. Il ne possède pas de casemate de Bourges. Un observatoire se trouve au centre de la caserne centrale.

Par le décret du 5 août 1915 qui prévoit le désarmement des forts, sa garnison initialement à 600 hommes est réduite et son armement est supprimé.
Ce décret prévoie en effet le désarmement de toutes les fortifications fixes de la ceinture fortifiée de Verdun. Le commandement suprême a pensé qu'elles étaient devenues inutiles, ce qui est somme toute défendable dans la situation de la guerre en août 1915. 
Cela, pour plusieurs raisons : Ces fortifications ont un rôle passif par rapport aux armées de campagnes sur lesquelles on mise tout en 1915. Elles sont pilonnées et détruites par l'artillerie lourde ; Elles nécessitent une énorme consommation de munitions qui doivent être acheminée par des voies qu'il faut sécuriser ; Ces obus lourds et la logistique qu'il faut déployer pour les acheminer en sécurité pourrait être employées plus utilement sur d'autres points du front.

Historique du fort :

Dès le début de l'offensive allemande sur Verdun le 21 février 1916, le fort est régulièrement bombardé. Il le sera tout au long de la bataille de Verdun.

Réapprovisionné le 24 mars, sa garnison compte théoriquement un bataillon d'infanterie, un régiment de chasseur et un régiment d'artillerie. Cependant, le fort devient rapidement un lieu de repos, une étape et un abri pour les troupes. Au plus fort des combats, le fort héberge jusqu'à une douzaine de régiments qui s'entassent dans les casemates et la caserne. Une telle surpopulation entraîne des problèmes de sécurité et des problèmes sanitaires. L'hygiène de vie dans le fort est déplorable.

Le 7 mai, un obus de 420 allemand explose dans le dépôt de munitions. Les dégâts matériels sont très importants et les victimes sont nombreuses.

Le 8 juin, conscient du nombre croissant de population (environ 50 officiers et 1125 hommes de troupe), un ordre strict est donné qui vise à limiter et réguler les accès et l'occupation au fort.

Tout le mois de juin, le front n'étant plus qu'à 1 km 300 du fort, le bombardement allemand est très violent. De nombreux obus de 380 et 420 s'abattent sur la fortification causant de gros dégâts. La couche de béton sur la caserne est perforée jusqu'à 80 cm de profondeur. La cour intérieure et les fossés sont complètement défoncés.

Mi-juillet, alors que les Allemands tentent de forcer la ligne Fleury-Vaux Chapitre et que le front n'est plus qu'à 1 km, le bombardement sur le fort atteint un puissance non connue auparavant. Chaque minute, 80 projectiles de tous calibres s'abattent sur la superstructure.

Aux mois d'août et septembre, le front n'est plus qu'à 850 m et le bombardement continue inexorablement.

Finalement, l'armée allemande ne parvient jamais à atteindre le fort de Tavannes. L'attaque française du 24 octobre repousse une 1ere fois la ligne de front.
La seconde offensive française le 15 décembre éloigne à nouveau le front, mettant définitivement hors de danger la fortification. Dès lors, le fort de Tavannes ne sera plus bombardé.

On estime que durant toute la guerre, le fort de Tavannes à reçu près de 30 à 40.000 obus de tous calibres.

Source : http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/fortifications-tavannes.htm