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Fort de Souville

Fleury-Devant-Douaumont (Village Détruit) Fleury-devant-Douaumont Meuse

Le fort fait partie de la ceinture intérieure de la place de Verdun, qui compte deux ceintures de forts. Souville fait partie du premier secteur (soit le nord-est de la place), servant de poste de commandement à ce secteur, avec le central téléphonique.

Souville est située au sud du fort de Douaumont et au sud-ouest du fort de Vaux.

Il s'agit d'un des premiers forts Séré de Rivières, soit une construction en maçonnerie (moellons calcaire) recouverte d'amas de terre. Datant de 1875-1879, le fort a été modifié en 1888-1890 par le creusement d'abris souterrains et la protection sous du béton du magasin à poudre.

Une tourelle pour deux canons de 155 mm (modèle Bussière) a été installée en 1890-1891 à 120 mètres à l'ouest du fort.

Déroulé des combats : 

Le 11 juillet 1916, les gardes bavarois lancent un assaut sur le village de Fleury et tentent de percer vers le fort de Souville.

Le secteur de Fleury est tenu par la 128e division française du général Riberpray. La 255e brigade du colonel Coquelin de Lisle (167e et 168e régiments d'infanterie) est en première ligne ; le 168e occupe les positions avancées, le 167e est déployé derrière lui, jusqu'au 6 juillet, date à laquelle les deux régiments intervertissent leurs positions.

Le 9 juillet, les positions du 167e régiment d'infanterie sont pilonnées par l'artillerie allemande avec des obus explosifs et des obus à gaz.

Dans la nuit du 10 au 11 juillet, un officier allemand est fait prisonnier par le 167e régiment d'infanterie. Son interrogatoire révèle que l'assaut est prévu pour le lendemain.

Le 11 juillet, à 5 heures, un violent bombardement a lieu sur les lignes françaises, puis un assaut par les fantassins allemands. À 5 h 42, les gardes bavarois se lancent à l'assaut, lance-flammes en tête. Ils pénètrent dans les lignes adverses avant que les Français n'aient eu le temps de réagir. Un furieux corps à corps s'engage, à la grenade et à la baïonnette.

À 6 heures, le colonel Coquelin de Lisle envoie par pigeon voyageur le message suivant :

« La situation de la 255e brigade devant Fleury est très grave, à la suite de bombardements au gaz et des attaques ennemies, toutes ont été repoussées, le moral est très élevé, mais les hommes sont épuisés. Je demande un puissant soutien d'artillerie, 100 fusées rouges et 100 fusées blanches. L'attaque principale semble être située entre la gare et le village de Fleury. »

Peu après, les gaz et les fumées du barrage allemand interrompent toutes les communications par héliographe avec le fort de Souville.

À 6 h 50, les Allemands se rapprochent du quartier général de la brigade. Ordre est donné de brûler tous les documents confidentiels. Le colonel Coquelin de Lisle s'empare d'un fusil et combat aux côtés de ses hommes.

Le 140e régiment de Prusse-Orientale, dont la mission est de prendre le fort de Souville, ne parvient pas à percer les lignes françaises. Les Bavarois prennent d'assaut le sud de Fleury et progressent jusqu'au fort de Souville. Mais les feux intenses de l'artillerie française infligent à la compagnie de tête plus de 50 % de pertes, et l'attaque n'aboutit pas. Un obus anéantit les mitrailleuses du bataillon Ménétrier. Leur perte est critique, car elles tenaient une position clé entre les bataillons Ménétrier et Gérard. Les Allemands s'engouffrent dans la brèche. La compagnie de droite de Ménétrier est anéantie, tous ses officiers sont tués ou blessés. Les Allemands pénètrent jusqu'au quartier général du colonel Coquelin de Lisle, qui est tué au combat.

Dans la soirée, le 169e et le 100e régiments d'infanterie font mouvement vers « le ravin de la Dame » (pendant la bataille ce secteur fut baptisé « le ravin de la Mort »). Le 100e régiment avance en tête, les 2e et 3ebataillons ouvrant la marche tandis que le 1er bataillon est en réserve. Ils refoulent des éléments des gardes bavarois qui ont franchi la voie ferrée et font 80 prisonniers. Dans la nuit un furieux bombardement allemand s'abat sur le « ravin de la Mort » ou le 1er bataillon du 100e régiment d'infanterie s'est avancé pour soutenir le 2e bataillon du 100e régiment. La plupart des soldats sont tués, ainsi que leur chef, le commandant Forlet.

Accès libre et gratuit, panneaux explicatifs sur place.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_de_Souville

crédit photo (photo de couverture) : JP le Padellec