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Site d'artillerie dit du Grand Canon

Zillisheim Haut-Rhin Grand Est

 Les travaux  d'installation de la pièce d'artillerie débutèrent le 10 septembre 1915. Quatre cent cinquante hommes s'attelèrent à la tâche et le 8 novembre la plate-forme de tir était achevée. Afin de garder le secret sur ces travaux, les villages alentour furent évacués et des travaux similaires furent entrepris sur le site d'Illfurth à quelques kilomètres au sud. La cuve, destinée à recevoir le canon, a une forme demi-circulaire de 22 m de diamètre et une profondeur moyenne de 4,60 m. Elle comprend un pivot central sur lequel est fixée la base tournante supportant le canon. À l'arrière de cette base, une fosse est aménagée. Le mur extérieur de cette fosse comporte quatre gradins dont le dernier sert de chemin de roulement à la partie arrière de l'affût. La fosse sert de dégagement à la culasse du canon lors de son inclinaison verticale. La forme de la cuve permettait d'orienter le canon selon un azimut de 144 °. Outre la cuve recevant le canon, d'importantes galeries souterraines furent construites. L'entrée des galeries est distante de la cuve du canon d'environ 200 m à vol d'oiseau. Les galeries ont une hauteur d'environ 2,50 m pour autant de largeur. Le fond est plat et les murs sont inclinés vers l'extérieur du bas vers le haut. Le toit des galeries est réalisé à l'aide de tôle ondulée galvanisée de forme semi-circulaire recouverte de 1 à 2 m de béton. Le toit des chambres est réalisé à l'aide de rail de chemin de fer recouvert de béton. Le long de ces galeries ont été aménagées trois soutes à munitions comprenant chacune deux chambres pour les charges propulsives et une chambre pour les obus. Un poste de commandement et une chambre de communication téléphonique étaient également présents dans les souterrains. Trois puits verticaux de section carrée (66 x 66 cm) assuraient l'aération et différents escaliers permettaient l'accès. Les galeries étaient parcourues par une voie ferrée à écartement réduit (60 cm) sur laquelle circulaient des wagonnets pour le transport des obus. Cette voie ferrée était reliée à la ligne ferroviaire normale à la gare de Zillisheim. À environ 500 m à l'ouest étaient disposés deux bunkers. L'un abritait le groupe électrogène et le deuxième servait de bunker de commandement. Au niveau de la cuve, deux monte-charge permettaient l'approvisionnement des obus depuis les galeries souterraines.

L'installation du canon fut achevée le 11 décembre 1915. Le canon avait un calibre de 380 mm et le tube avait une longueur de 17,10 m. Le tube était prolongé par une chambre de combustion d'une longueur de 2 m pour 425 mm de diamètre. Elle était fermée par une culasse de 2,6 tonnes. Le poids du canon était de 77,6 tonnes. Le poids de l'affût était de 172 tonnes. La cadence de tir était d'un coup toutes les quinze minutes. Les obus avaient un poids compris entre 750 kg et une tonne, étaient hauts 1,60 m et comprenaient une charge explosive de 120 kg. L'usure du tube imposait son remplacement au bout d'un certain nombre de tirs. Il avait été conçu pour trois cents tirs. Les obus étaient spécialement calibrés et numérotés pour tenir compte de cette usure. Certains de ces canons ont cependant dépassé les cinq cents coups. Le canon de Zillisheim était desservi par 74 artilleurs de marine et par 150 hommes chargés de la manutention des obus et des charges propulsive. Les canons de ce type avaient été dénommés "Kaiser Wilhelm Geschutze" et surnommés "Langer Max" (max le long).

Entre le 8 février 1916 et le 10 octobre 1916, le canon de Zillisheim tira 40 obus sur Belfort et quatre sur le quartier général de la 66e Division d'Infanterie, situé à Wesserling. Seuls quatorze obus tombèrent effectivement sur Belfort provoquant peu de dégâts, mais ayant un effet dévastateur sur le moral de la population. Les obus tombés sur Wesserling firent dix morts. Les troupes françaises repérèrent le canon dès le 11 février. L'artillerie française engagea des pièces de 155 puis de 240 en vue de le détruire. Les tirs français causèrent quelques dégâts, mais n'atteignirent jamais le canon. Les objectifs prioritaires de l'armée allemande s'étant focalisés sur d'autres lieux notamment Verdun, il fut décidé de déplacer le canon. Le démontage débuta le 11 octobre 1916. Après une remise en état chez Krupp, le canon fut réaffecté probablement en Belgique dans la batterie côtière Deutschland près d'Ostende.

Entrée libre et gratuite. La mairie et l'application déclinent toute responsabilité en cas d'exploration des galeries ou installations en dehors des sentiers.